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La chronique de Lise Denis, psychologue
«Ma fille est très timide. Cela m'inquiète.»
Une maman m'écrit: «Ma fille de 5 l/2 ans est très timide face à son entourage (parenté, monitrice de garderie, personnes étrangères). Elle ne veut jamais dire son nom ou son âge et ne me parle même pas si elle est en présence d'étrangers même si c'est pour me faire connaître ses besoins. Elle commence sa maternelle et ma crainte est très grande face à cette timidité. Je lui parle et lui explique pourquoi elle doit répondre lorsqu'on lui adresse la parole mais rien n'y fait, son attitude ne change pas. Sa soeur âgée de 7 1/2 ans n'a jamais eu cette période de timidité. D'où provient cette timidité? Est-ce un trait dominant de son origine chinoise? Elle avait l an à son adoption.» Vous me décrivez brièvement la timidité de votre fille et dites vous inquiéter pour elle. Pour avoir une meilleure idée de la situation, il s'agit d'évaluer l'intensité de la gêne de même que certains autres critères. Regardons ensemble si la timidité de votre fille correspond aux critères diagnostiques suivants:
Si les réponses sont affirmatives à ces cinq points, le diagnostic suivant peut être posé: évitement de l'enfance. La principale caractéristique de ce trouble est le retrait persistant et excessif vis-à-vis des étrangers. En présence de personnes autres que celles du réseau familial habituel, l'enfant perd sa capacité d'initiative. Même s'il est intéressé à ce qui se passe, il est incapable d'y participer. On retrouve souvent associés à ce qui précède un manque de confiance en soi et une difficulté d'affirmation de soi. Toutefois, si votre fille a de la difficulté à créer des liens extérieurs à la famille mais y réussit quand même, on parlerait alors d'une «enfant socialement réticente». Cela témoignerait d'un niveau d'anxiété sociale moindre que dans le cas précédent. Quelles sont les souffrances à la source de cette difficulté? Une investigation plus approfondie serait nécessaire pour comprendre davantage la situation. Les facteurs explicatifs reliés au caractère chinois sont toutefois exclus. Les caractéristiques semblant appartenir à un peuple, à une époque spécifique, relèvent de facteurs culturels, de l'apprentissage et non de l'inné. Regardons ensemble comment aider votre fille actuellement?
Si les comportements d'évitement sont très invalidants et qu'ils persistent, il sera alors important de consulter en psychothérapie. Il faut se souvenir que plus l'aide vient tôt, moins les blessures de l'âme persistent, s'aggravent et s'accumulent dans l'inconscient.
Texte publié dans l'Orient Express, journal de l'association des familles Québec-Asie LISE DENIS
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